Raccordez Le GAS *

*Groupe Autonome de Spectateurs

PROCHAIN RENDEZ-VOUS:

29 AVRIL 20 - 20h
Berlin Mon Garçon
Stanislas Nordey
TNS - Strasbourg

27 MAI 20 - 20h
No Oco - Static Shot
Loïc Touzé - Maud le Pladec
Opéra - Nancy

Le GAS *


Le GAS*, c’est un club de curieux, amateurs, débutants ou experts qui veulent ensemble découvrir et explorer dans la plus grande simplicité le spectacle vivant (danse, cirque, théâtre,etc.).
Le GAS* organise des sorties dans les lieux de création à Nancy, mais aussi dans toute la région Grand Est, à des tarifs négociés.
Le GAS* propose des réunions régulières animées par un artiste où l’on échange, débat, façonne sa culture et élabore son sens critique.
N'hésitez pas à nous contacter pour nous rejoindre ou en savoir plus.

ON A VU:
(du plus récent au plus ancien)

11 MARS 20 - 19h
Not I
Camille Mutel
CCAM - Vandoeuvre

31 JAN 20 - 20h30
Narcisse et Écho
David Marton
Maillon - Strasbourg

17 JAN 20 - 20h00
On est sauvage comme on peut
Collectif Greta Koetz
Esapce BMK - Metz

20 DEC 19 - 20h30
Les Limbes
Etienne Saglio
Le Carreau - Forbach

19 DEC 19 - 19h00
Je suis lent - Conférence performée
Loïc Touzé
Ballet de Lorraine - Nancy

16 DEC 19 - 19h00
Ruy Blas
Yves Beaunesne
La Manufacture - Nancy

06 DEC 19 - 20h30
Dans la Peau de L'ours
Françoise Klein
CCAM - Vandoeuvre

13 NOV 19 - 20h00
Come Out
Olivier Dubois
Ballet de Lorraine - Nancy

08 NOV 19 - 20h30
Structure Couple
Lotus Eddé Khouri et Christophe Macé
CCAM - Vandoeuvre

21 rue des Sources
Philippe Minyana
La Manufacture - Nancy


Saison 19-20

And So you see...
Robyn Orlin
L'Arsenal - Metz

Four For
Halory Goerger
La Manufacture - Nancy

L'Absolu
Boris Gibé
Le Nest - Thionville

Il pourra toujours dire que c'est pour l'amour du prophète
Gurshad Shaheman
CCAM - Vandoeuvre

Zeitigung
Anne Teresa De Keersmaeker
L'Arsenal - Metz

At the Still point of the turning world
Renaud Herbin
CCAM - Vandoeuvre

In The Upper Room + Murmuration
Twyla Tharp - Rachid Ouramdane
L'Opéra - Nancy

ON VA VOIR:

29 AVRIL 20 - 20h
Berlin Mon Garçon
Stanislas Nordey
TNS - Strasbourg

27 MAI 20 - 20h
No Oco - Static Shot
Loïc Touzé - Maud le Pladec
Opéra - Nancy

13 ou 14 JUIN 20
Festival des Antipodes
Fabrique Autonome des Acteurs - Bataville

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Carnet de notes (extraits):


> Lundi 14 octobre 19
> Mardi 12 novembre 19

Mardi 12 novembre 2019


G: Le début de discussion post-représentation était très technique (avec l’ensemble de l’équipe de création: deux performers-plasticien, créateur lumière, compositeur) suite à des questions d’Elsa quant à la construction et une question de Valentin : « qu’est-ce qui se passe dans vos têtes lorsque vous faites ça? » Le débat fut riche. Christophe a expliqué qu’ils étaient très occupés à compter, à en voir où en était l’autre. C’était une performance « millimétrée ».

Lou: C’est le cinquième ou sixième Structure Couple. Ils travaillent ce système depuis une dizaine d’année, en partant toujours d’un morceau. Les performers et compositeur rassemblent leurs idées. On a demandé d’ailleurs qu’ils nous envoient les bandes son dont elles représentent le point de départ du processus de création. Ils avaient été en résidence à La Factorine. Ils ont aussi éprouvé la structure en créneau qu’ils nomment le « peigne » sans musique. Boomerang, est plus dans la sensation alors que Fatch, est un concept plus nouveau. Lotus nous disait que son comptage devenait mécanique.

G: Jean Luc (compositeur) aime mettre des mots sur sa pratique, qui, en tant que musicien improvisateur rentre peu en compte. À qui appartient l’œuvre? Celui qui la fait ou celui qui la voit? Il existe une théorie de l’esthétique (Calderon De La Barca): se placer du point de vue du spectateur. Je fais donc cette hypothèse: ce qui se passe chaque soir est actualisé et a un sens particulier dans l’histoire de l’œuvre.

Lou: Cette mécanique s’ancre peut être dans le mouvement naturel. Les gens se sont posés la question à la sortie s’ils avaient été capables de faire cette performance.

G: Performance vient du Turf: l’effort produit par un cheval pendant une course. En anglais, le spectacle vivant= performing art.

V: Effort produit pas forcément proposé à tous les arts du spectacle vivant qui peut être influence selon l’état = crée une proximité avec les artistes, de l’empathie. J’ai la sensation d’avoir vécu quelque chose de fort.

G: Qu’est-ce qui se partage ?

V: Leur déséquilibre est prenant. Les sens sont en éveil : état hypnotique par le son et le travail de la lumière. On retrouve une narration: un couple sur une structure, synchrone puis plus. La scénographie reste quelque chose d’écrit, c’est une partition.

Lu: J’y voyais une évolution du couple et je cherchais à repérer les étapes notamment dans Fatch. Je me suis laissée davantage transporter par l’émotion dans Boomerang.

G: C’est irrésistible, à partir du moment qu’ils se prennent par la main, on y met du narratif.

Lou: J’ai reconnu du Chaplin avec, en plus de leur tenue, les machines qui s’emballent dans la répétition mécanique.

Lu: Et le couple, c’est du travail. Dans Boomerang, la lumière est chaude, ça m’a moins renvoyée à une histoire bien plus émouvante car l’artiste me semblait posséder.

G: Il y avait des paroles. En français en plus.

Lu: Le jour où j’y suis allée, plusieurs fois ils ont failli tomber.

Lou: L’accident n’est pas exclu et est anticipé ainsi qu’un protocole le cas échéant pour apporter une solution adaptée.

G: Leurs chaussures m’ont fait penser à des cothurnes, comme des tragédiens grecs et leur plateforme à un cercueil. Ça faisait penser à Elsa aux geisha.

G: Ils sont des expressions pathétiques du visage et sont habillés en noir= évoque le deuil. Le tragique à la grecque.

Lu: Je n’avais pas remarqué le jaune franc des chaussures et les chaussures m’évoquaient plutôt de gros sabots en bois.

G: Pourtant ils on dit que c’était des constructions hasardeuses mais le minimal est toujours très puissant: ils épuisent des systèmes: pas de discours pour laisser place pour projeter notre imaginaire.

Lou: Ça se ressent énormément dans Flatch. Quand il laisse la structure éclairée sur le sur scène: le temps donne le temps de la regarder.

V: Je me demande pas forcément de manière continuelle, mais ce que l’auteur a voulu nous dire ou du moins pourquoi et comment il en est arrivé là.

G: Théâtre et prostitution=rapport tarifé pour G. Bataille. Socrate fait la condamnation dans le banquet que dans le théâtre on n’est pas dans le banquet Bataille: on paye pour savoir si c’est vrai ou pas. Cette représentation ne sera jamais identique d’un soir à un autre.

Lou: La relation entre les trois pratiques est signifiante.

V: Revendication d’auteur puisque Lotus explique que tout est millimétré Je ne pense qu’ils veuillent que ce soit sujet à modification par d’autres.

G: Demain on va voir une tout autre approche de la danse et pourtant contemporaine aussi mais totalement différente (Come out de Dubois) Les danseurs sont interprètes alors que dans Structure Couple, il sont auteurs interprètes. En Allemagne, les chorégraphes sont attachés à certains théâtres avec des troupes permanente avec pour équivalent en France, la Comédie Française, exception nationale. Est-ce qu’on est allé voir une performance? De la danse expérimentale? C’est le contraire de la danse classique?

Lu: Le langage pour séduire diffère selon les gens.

Lou: Comment tu ferais pour en parler ?

V: J’ai un parcours particulier. Je viens du domaine scientifique pour progressivement me déplacer vers la sphère culturelle. J’ai commencé à m’intéresser à la culture avec le cinéma d’auteur. Je suis considéré comme un ovni par mes proches donc je ne tente pas. Tout ça est considéré comme fantaisiste.

G. La question de l’utilité ou de l’inutilité de l’art devient acceptable: Est-ce que ça me sert d’outil? L’avantage: on parle pour ne rien dire mais on exerce notre humanité.

Lou: J’ai demandé à ma mère ce qu’elle voulait pour Noël: des spectacles. Elle n’a besoin de rien d’autre. Selon qui sera à côté de vous ou des ressentis des autres influent sur notre opinion.

Lu: C’est le principe de la pyramide de Maslow.

G: Quand les américains inventent le plan panoramique et mettent en scène le baiser: ça a changé la façon de s’embrasser dans le monde. A travers nos sens, on forme des constructions mentales, alors la question esthétique devient politique: depuis l’objet perçu, on peut se retrouver (Rancière). Comme dans la commedia del Arte, personnages sociaux pour en faire des masques: quelles sont les interactions entre la forme et la prétendue réalité? Ce gigantesque échange circule ensuite à même en dehors de la salle.



Lundi 14 octobre 19


G : On va faire un retour sur 21 rue des Sources de Minyana. A la sortie de salle nous étions paratgés. La Manufacture est un Centre Dramatique National. Lui sont confiées des missions publique, à savoir produire et diffuser des spectacles, mais surtout défendre la « création ». Création est un terme difficile à définir je crois. Victor, tu t’es inscrit au GAS pour découvrir une discipline artistique que tu connais peu, tu es novice. Comment classerais-tu en catégorie le spectacle vu ?

V : Dans la représentation, plutôt traditionnel. Dans le texte, plutôt inventif puisqu’on sent une réflexion personnelle de l’auteur. Il y a un hiatus fond / forme.

G : C’est étonnant parce que le metteur en scène et l’auteur sont la même personne.

V : La mise en scène dépouillée laisse de la place au contenu. Le pianiste est intéressant. Dans son rôle il indique la pièce de la maison où s situe l’action et on y est, cela suffit. Il a un lien privilégié avec les spectateurs. Il est à cheval entre le récit et la réalité.
J’ai aimé l’utilisation de la figure du fantôme. C’était une image stéréotypée mais assumée. Il y avait un renversement logique qui m’a beaucoup plu. Dans l’imaginaire général ce sont les fantômes qui hantent les maisons. Ici, c’étaient les fantômes qui étaient hantés…par la maison.  Cette utilisation assumée de l’image du fantôme dédramatisait l’image de la mort et permettait qu’on se sente proche d’eux. On pouvait alors, à travers des témoignages de vie, entendre des questions universelles, par exemple, la place de la femme dans la société.
Et puis il y a ça : La vie peut être réduite à une énumération d’éléments factuels !

G : Le rôle du pianiste ramène à une figure traditionnelle des spectacles, comme un « monsieur loyal », qui vient faire une entremise. La réduction des vies en listes, en énumération est usuel chez cet auteur. La pièce qui l’a rendu célèbre à la fin des années 80 s’appelait « inventaires ».

C : Moi je n’ai pas senti de prise de contact avec le public mais plutôt entre eux et les éventuels autres fantômes. Maintenant que tu le dis, je me souviens en effet que l’acteur masculin a commencé par une adresse publique. Mais tu vois j’avais oublié ! J’ai beaucoup décroché.L’acteur masculin m’a rendu les choses compliquées. Son jeu empêchait l’émotion.
En revanche, j’aime aussi le côté dépouillé.

L : J’ai pas trouvé ça si dépouillé car c’est clairement contrebalancé par maquillage, costume, jeu…c’est clairement assumé selon moi. L’acteur surjouait. La qualité laissait à désirer.

E: J’ai adoré le pianiste, l’intervention de la magie dans la mise en scène. J’ai bien aimé l’actrice — même si je n’ai pas du tout aimé le traitement des corps, lui se tortillant et elle sur la pointe des pieds tout le temps. Mais je ne pense pas que ce soit l’actrice. A mon avis on lui a demandé d’être comme ça, dans cet « état de corps ».

G: Pourquoi cet état de corps alors? On peut imaginer un rapport avec l’interprétation de fantômes.

L: Il y a alors une incohérence entre les deux jeux d’acteur totalement différents : l’une est sur la pointe des pieds, l’autre, au contraire, est très ancré au sol. Peut être que ça reflétait son positionnement d’enfant face lui, dans le monde des vivants.

C : Je me suis ennuyée, et j’ai même été excédée. Pour moi l’actrice surjouait aussi, au détriment de l’émotion.

V : Ton point de vue m’intéresse. Mais qu’est-ce qui te manquait?

C : Rien, justement il y en avait de trop. Le jeu m’empêchait d’écouter le texte. Ce jeu appelle le jeu de théâtre de boulevard. Assez grossier, assez primaire, excessif. On aurait pu se croire dans un Feydeau. Etait-ce un parti-pris du metteur en scène ou celui-ci s’est il fat déborder par les acteurs ?

L : Oh non Feydeau, c’est plus vif. Mais est-ce de la responsabilité l’acteur ? Ça doit être un parti pris du metteur en scène. Qui choisit l’acteur?

G : ça se décide entre le producteur et le metteur en scène. Il peut y avoir des raisons artistiques, mais aussi des raisons de renommée. Un nom sur l’affiche peut-être décisif pour faire venir les spectateurs. Les producteurs sont signalés sur chaque fiche de spectacle. Regardons la plaquette de saison.

L: Philippe Minyana est artiste associé à la Manufacture.